Poèmes

Les Chardons

par Renée Vivien

Tu ne seras jamais la fiévreuse captive

Qu'enchaîne, qu'emprisonne le lit,

Tu ne seras jamais la compagne lascive

Dont la chair se consume et dont le front pâlit.

Garde ton blanc parfum qui dédaigne le faste.

Tu ne connaîtras point les lâches abandons,

Les sanglots partagés qui font l'âme plus vaste,

Le doute et la faiblesse ardente des pardons

Et, puisque c'est ainsi que je t'aime, ô très chaste !

Nous cueillerons ce soir les mystiques chardons.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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