Poèmes

Le Temps Passe

par Raymond Queneau

Je n'admire tant la
Lune

que depuis que je sais qu'en arabe

elle s'appelle
Q
M
R

La lune joue sur l'enfance plane en des vagues qui se

résorbent dans les feuilles des arbres cerceau subtil

et lourd pâte d'éternité
Un soldat s'immobilise au chant du hibou au cristal

frappé du crapaud
La lune chante les herbes pures

du sommeil qui s'ignore
Les rats dansent dans les villes
Les gares se taisent

et se taisent aussi ceux qui hurlent la nuit ceux qui

geignent dans le silence
La mémoire s'étend jusqu'au passé des autres
Hypocrite érudit tu ne pleureras plus dispersé en toi-même



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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