Le Chêne du Parc Détruit (Vi), Victor Hugo
Poèmes

Le Chêne du Parc Détruit (Vi)

par Victor Hugo

Victor Hugo

Les rois criaient : Qu'on fracasse,
Et qu'on pille ! Et l'on pillait.
À leurs pieds la Dédicace,
Muse en carte, souriait.

Cette muse préalable,
Habile à brûler l'encens
Même le moins vraisemblable,
Tirait la manche aux passants,

En gardant le seuil d'ivoire
Du dieu du sacré vallon,
Vendait pour deux sous de gloire
À la porte d'Apollon.

On traquait les calvinistes.
Moi, parmi tous ces fléaux,
J'avais dans mes branches tristes
Le peigne de Despréaux.

J'ai vu ce siècle notoire
Où la Maintenon sourit,
Si blanche qu'on la peut croire
Femelle du Saint-Esprit.

Quelle féroce colombe !
J'ai vu frémir d'Aubigné
Quand sur son nom, dans sa tombe,
L'édit de Nante a saigné.

Tout s'offrait au roi : les armes,
Les amours, les coeurs, les corps ;
La femme vendait ses charmes,
Le magistrat ses remords.

La cour, peinte par Brantôme,
Reparaît pour Saint-Simon.
Derrière le roi fantôme
Rit le confesseur démon.

Extrait de: 
Les chansons des rues et des bois (1865)



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top