Le Cavalier, Rainer Maria Rilke
Poèmes

Le Cavalier

par Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke

Vois : n’est-il pas au ciel un «Cavalier» d’étoiles?
Car nous portons en nous, étrangement gravée,
une fierté de terre. Il en vient un second,
qui le tenant le pousse et qu’il porte lui-même.

N’est-elle pas ainsi, que l’on chasse et qu’on dompte,
la nature de l’être en sa nervosité?
Aller, volter. L’on presse et l’on se fait comprendre.
Nouvel et vaste espace. Et les deux ne font qu’un.

Mais le font-ils? Ou bien: n’ont-il pas leur idée,
chacun d’eux, du chemin qu’ils parcourent ensemble?
Anonymes, déjà, table, pré les séparent.

Les astres conjugués sont eux aussi trompeurs.
Mais réjouissons-nous, pour l’heure, un court instant,
de croire à la figure. Est-ce point suffisant?



Poème publié et mis à jour le: 14 juin 2019

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