Poèmes

L'Auberge

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Murs blancs, toit rouge, c'est l'Auberge fraîche au bord
Du grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne,
L'Auberge gaie avec le
Bonheur pour enseigne.
Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passe-port.

Ici l'on fume, ici l'on chante, ici ° l'on dort.
L'hôte est un vieux soldat, et l'hôtesse, qui peigne
Et lave dix marmots roses et pleins de teigne.
Parle d'amour, de joie et d'aise, et n'a pas tort !

La salle au noir plafond de poutres, aux images

Violentes,
Maleck
Adel et les
Rois
Mages,

Vous accueille d'un bon parfum de soupe aux choux.

Entendez-vous ?
C'est la marmite qu'accompagne

L'horloge du tic-tac allègre de son pouls.

Et la fenêtre s'ouvre au loin sur la campagne.



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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