La Rousse de Neuf Ans, Léo Ferré
Poèmes

La Rousse de Neuf Ans

par Léo Ferré

J'arrivais au mois d'août de seize à ce qu'on dit
Mais foutez-moi la paix états civils du monde
Apprenti né de lune et fabricant de fronde
Je bourre les salauds sauf au saint vendredi

Or mes aisselles d'ange avaient un goût de vierge
Comme on en voit dans le métro des entassés
Ces vierges du métro qui font le pied de nez
Pendant que le vieillard à droite s'en goberge

Miracle de la rue où je vins après guerre
Septembres compassés automnes inouïs
Je drainais ma poitrine aux sources du sanscrit
Et j'inventais à mes copains d'ardents repaires

Ma rousse de neuf ans était neuf fois putain
Et rouge resuçait mes doigts d'apocalypse

Après lui avoir fait au creux quelques ellipses

Ça valait mieux que fair' des ronds dans les bassins

Pucelles d'or pucelles rouges
J'inventerai pour vous des bouges
Où vos torchons mal lessivés
Seront mes drapeaux maculés
Et sur vos éternelles croupes
Buvant la lie avec la coupe
Je battrai trente-trois avés
Histoir' d'apprendre à vous laver



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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