La Petite qui Tousse, Jean Richepin
Poèmes

La Petite qui Tousse

par Jean Richepin

Les aiguilles des vents froids
Prennent les nez et les doigts
Pour pelote.
Quel est sur le trottoir blanc
Cet être noir et tremblant
Qui sanglote ?
La pauvre enfant ! Regardez.
La toux, par coups saccadés,
La secoue,
Et la bise qui la mord
Met les roses de la mort
Sur sa joue.
Les violettes sont moins
Violettes que les coins
De sa lèvre,
Que le dessous de ses yeux
Meurtri par les baisers bleus
De la fièvre.
Tousse ! tousse ! Encor ! Tantôt
On croit ouïr le marteau
D' une forge ;
Tantôt le râle plus clair
Comme un clairon sonne un air
Dans sa gorge.
Tousse ! tousse ! tousse ! Encor !
Oh ! le rauque et dur accord
Qui ricane !
Ce clairon large et profond
Sonne pour ceux qui s'en vont
La diane.
Tousse ! C'est le cri perçant
Du noyé lourd qui descend
Sous l'écume,
Tousse ! C'est lointain, lointain,
Ainsi qu'un glas qui s'éteint



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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