La Mort de Sigurd, Charles Marie Rene Leconte de Lisle
Poèmes

La Mort de Sigurd

par Charles Marie Rene Leconte de Lisle

Le Roi Sigurd est mort. Un lourd tissu de laine
Couvre, du crâne aux pieds, le Germain au poil blond.
Son beau corps sur la dalle est couché, roide et long ;
Son sang ruisselle, tiède, et la salle en est pleine.
Quatre femmes sont là, quatre épouses de chefs ;
La Franke Gudruna, l'inconsolable veuve,
Et la reine des Huns, errant loin de son fleuve,
Et celle des Norrains, hardis monteurs de nefs.
Assises contre terre, aux abords du cadavre,
Tandis que toutes trois sanglotent, le front bas,
La Burgonde Brunhild, seule, ne gémit pas,
Et contemple, l'oeil sec, l'angoisse qui les navre.
Herborga, sur son dos jetant ses cheveux bruns,
S'écrie à haute voix : - Ta peine est grande, certes,
Ô femme ! mais il est de plus amères pertes ;
J'ai subi plus de maux chez les cavaliers Huns.
Hélas ! n'ai-je point vu les torches et les glaives ?
Mes frères égorgés, rougissant nos vallons
De leurs membres liés aux crins des étalons,
Et leurs crânes pendus à l'arçon des Suèves ?
Moi-même, un chef m'a prise, et j'ai, durant six ans,
Sous sa tente de peaux nettoyé sa chaussure.
Vois ! n'ai-je point gardé l'immonde flétrissure
Du fouet de l'esclavage et des liens cuisants ?
Herborga s'étant tue, Ullranda dit : - Ô Reines,



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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