La Montre Brisée, Paul Verlaine
Poèmes

La Montre Brisée

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Dans notre vie un peu fantasque
Il n'est, je crois, rien arrivé
De plus masque et tambour de basque
Et mi-carême et mardi gras

Que cette colère, venue
De quel donc prétexte vraiment?
Qui, dès grosse erreur reconnue.
Nous rentrés de mauvaise humeur,

Me fit, sans que rien pût là contre,
D'un pied fantochement vainqueur. Écraser cette pauvre montre
Que tu venais de m'acheter.

Je piétinais comme un beau diable,
Comme un polichinell' rageur,
L'horloginette lamentable
Qui tôt ne fut qu'un triste tas

De cuivre et d'argent et de verre
Dès lors se relevant en... « bosse »,
Et maintenant, à moi sévère.
Après coup, je compris trop tard

Que j'ai fait mal et me lamente
A propos du bijou perdu
Et de l'heure à jamais absente-Mais quelque chose de dedans

Moi-même me dit : «
C'est carême
Aujourd'hui, mais rassure-toi, —
L'heure n'en va pas moins quand même.
Heureuse ou non... »

Baste ! aimons-nous.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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