Klytie, Charles Marie Rene Leconte de Lisle
Poèmes

Klytie

par Charles Marie Rene Leconte de Lisle

Sentiers furtifs des bois, sources aux frais rivages,
Et vous, grottes de pampre où glisse un jour vermeil,
Platanes, qui voyez, sous vos épais feuillages,
Les vierges de l'Hybla céder au doux sommeil ;
Un Dieu ne m'endort plus dans vos calmes retraites,
Quand midi rayonnant brûle les lourds rameaux.
Ecoutez, ô forêts, mes tristesses secrètes !
Versez votre silence et l'oubli sur mes maux.
Mes jours ne coulent plus au gré des heures douces.
Moins clair était le flot qui baigne les halliers,
Dont l'écume d'argent, parmi les vertes mousses,
Abreuve les oiseaux et les cerfs familiers.
Et mes yeux sont en pleurs, et la Muse infidèle
A délaissé mon sein d'un autre amour empli.
Fuyez, jeunes chansons, fuyez à tire d'aile :
Pour la joie et pour vous mon coeur est plein d'oubli.
Parlez-moi de Klytie, ô vallée, ô colline !
Fontaine trop heureuse, aux reflets azurés,
N'as-tu pas sur tes bords, où le roseau s'incline,
De Klytie en chantant baisé les pieds sacrés ?
Des monts Siciliens c'est la blanche Immortelle !
Compagnons d'Érycine, ô cortège enchanté,
Désirs aux ailes d'or, emportez-moi vers elle :
Elle a surpris mon coeur par sa jeune beauté.
Korinthe et l'Ionie et la divine Athènes
Sculpteraient son image en un marbre éternel ;



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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