Je N'ai Jamais Pense que cette Voûte Ronde, Joachim du Bellay
Poèmes

Je N'ai Jamais Pense que cette Voûte Ronde

par Joachim du Bellay

Joachim Du Bellay

Sonnet CXI.

Je n'ai jamais pensé que cette voûte ronde
Couvrît rien de constant : mais je veux désormais,
Je veux, mon cher Morel, croire plus que jamais
Que dessous ce grand Tout rien ferme ne se fonde,

Puisque celui qui fut de la terre et de l'onde
Le tonnerre et l'effroi, las de porter le faix,
Veut d'un cloître borner la grandeur de ses faits,
Et pour servir à Dieu abandonner le monde.

Mais quoi ? que dirons-nous de cet autre vieillard,
Lequel ayant passé son aage plus gaillard
Au service de Dieu, ores César imite ?

Je ne sais qui des deux est le moins abusé :
Mais je pense, Morel, qu'il est fort malaisé
Que l'un soit bon guerrier, ni l'autre bon ermite.

Extrait de: 
Recueil : Les Regrets (1558)



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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