Poèmes

Invictus

par William Ernest Henley


Analyse du Poème

"Invictus" est un court poème du poète anglais William Ernest Henley (1849-1903), écrit en 1875 à l'époque victorienne et publié en 1888 dans son premier recueil de poèmes, Le Livre des Vers, dans la section Vie et Mort. Cela montre comment Henley n'a jamais perdu espoir, a gardé confiance en lui-même et a affronté les luttes sans peur.

Invictus, qui signifie en français «invincible» ou «invaincu», est un poème de William Ernest Henley. Le poème a été écrit alors que Henley était à l’hôpital en traitement pour une tuberculose osseuse, également appelée maladie de Pott. À l'âge de 16 ans, Henley a dû être amputé de la jambe gauche en raison de complications liées à la tuberculose. Au début des années 1870, après avoir cherché un traitement pour des problèmes de jambe, il lui avait été demandé de refaire la même opération pour l'autre jambe. En août 1873, il choisit plutôt de se rendre à Édimbourg pour faire appel aux services du distingué chirurgien anglais Joseph Lister, qui réussit à sauver le reste de la jambe de Henley après de multiples interventions chirurgicales. Lors de sa convalescence à l'infirmerie, il fut amené à écrire les vers qui devinrent "Invictus". Une évocation mémorable du stoïcisme victorien - "Invictus" reste une piece majeure dans la poésie mondiale.

Le thème et le sujet du poème est de faire preuve de courage sans partage face à la mort et la volonté de survivre face à un test sévère, et de préserver sa dignité contre toutes les difficultés même en dépit des indignités que la vie place devant nous.

"Invictus" de William Ernest Henley est écrit en tétramètre iambique. Des spondées occasionnelles accentuent le rythme soutenu du poème. Le poète a conservé toute la structure du poème dans un format resserré, avec le schéma de rimes abab cdcd efef ghgh. Chaque quatrain du poème décrit le point de vue personnel de l’orateur face aux situations difficiles. Le poète a voulu transmettre un message universel dans ce texte: peu importe ce que la vie vous fait endurer, peu importe sa gravité, ne la laissez jamais vous écraser et vous décourager. Le poète a souligné l'immense force de l'esprit humain au plus profond de l'adversité et a montré comment, même dans les moments les plus sombres, et même lorsque votre destin est contre vous, l'esprit humain est suffisamment fort pour résister à la douleur, à la lutte et à la traverser.

Dans la première strophe, le poète mentionne cette «nuit qui me couvre». Cette nuit est utilisée comme une métaphore des difficultés du monde. Mais cette nuit peut également être perçue par le lecteur comme un symbole de toutes les choses négatives de la vie et, dans le cas de Henley, de ses luttes contre les blessures émotionnelles et, surtout, de sa maladie. Dans la ligne suivante, "le puits de pôle en pôle" est la manière dont le poète dit simplement qu’il aime les ténèbres (souffrances) désolées au centre de la terre.

A la ligne 8 à 9 de la deuxième strophe, Henley se présente comme un prisonnier robuste qui ne cèdera pas la tête devant les ravisseurs même après avoir été passé à tabac et ensanglanté. Dans la troisième ligne de la strophe 12, «Horreur de l'ombre» fait référence à l'inconnu profond au-delà du seuil de la vie qui pourrait supporter davantage de difficultés pour le poète, mais qui reste un concept né des poètes à travers les âges. Le poème se termine par l’affirmation audacieuse et intrépide du poète selon laquelle nous sommes nous-mêmes les décideurs de notre vie et les maîtres de notre destin.

Ce poème qui a inspiré de nombreux personnages à travers l'histoire, dans un discours prononcé devant la Chambre des communes le 9 septembre 1941, a été ité par Winston Churchill qui a paraphrasé les deux dernières lignes du poème en déclarant: "Nous sommes toujours les maîtres de notre destin. Nous sommes toujours les capitaines de notre âme". Egalement, pendant son incarcération à la prison de Robben Island, Nelson Mandela a récité le poème à d'autres prisonniers et a été renforcé dans sa lutte par son message de la maîtrise de soi.
La dernière strophe de ce poème a aussi été citée par le président américain Barack Obama à la fin de son discours lors de la cérémonie commémorative de Nelson Mandela (10 décembre 2013) en Afrique du Sud.


Texte du Poème

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.



Poème publié et mis à jour le: 02 novembre 2019

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