Idylle de Pauvres, Jean Richepin
Poèmes

Idylle de Pauvres

par Jean Richepin

L'hiver vient de tousser son dernier coup de rhume
Et fuit, emmitouflé dans sa ouate de brume.
On ne reverra plus, avant qu'il soit longtemps,
Sur la vitre, allumée en prismes éclatants,
Fleurir la fleur du givre aux étoiles d'aiguilles.
Voici qu'un frisson monte à la gorge des filles !
C'est le printemps. Salut, bois verts, oiseaux chanteurs,
Ciel délicat ! La brise, où flottent des senteurs,
Apports on ne sait d'où les amoureuses fièvres ;
Et des baisers, errants dans l'air, cherchent des lèvres.
Mais le dur paysan retourne à ses travaux.
Pour lui, qu'importe avril et ses désirs nouveaux ?
Ce qu'il sait seulement, c'est qu'il faut quitter l'âtre,
Qu'il faut recommencer la lutte opiniâtre
Contre la terre en rut, buveuse de sueurs.
Et le chant des oiseaux, l'aube aux fraîches lueurs,
Les papillons, l'azur, lui disent : - Prends ta blouse



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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