Guitare, Paul Verlaine
Poèmes

Guitare

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Le pauvre du chemin creux chante et parle.

Il dit : «
Mon nom est
Pierre et non pas
Charle.

Et je m'appelle aussi
Duchatelet* '.

Une fois je vis, moi, qu'on croit très laid,

Passer vraiment une femme très belle.

(Si je la voyais telle, elle était telle ".)

Nous nous mariâmes au vieux curé.

On eut tout ce qu'on avait espéré.

Jusqu'à l'enfant qu'on m'a dit vivre encore.

Mais elle devint la pire pécore
Indigne même de cette chanson.
Et certain beau soir quitta la maison
En emportant tout l'argent du ménage
Dont les trois quarts étaient mon apanage.
C'était une voleuse, une sans-cœur.
Et puis, par des fois, je lui faisais peur.
Elle n'avait pas l'ombre d'une excuse.
Pas un amant ou par rage ou par ruse.
Il paraît qu'elle couche depuis peu
Avec un individu qui tient lieu
D'époux à cette femme de querelle.
Faut-il la tuer ou prier pour elle ? »
Et le pauvre sait très bien qu'il priera.
Mais le diable parierait qu'il tuera.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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