Poèmes

Glauce

par Charles Marie Rene Leconte de Lisle

I
Sous les grottes de nacre et les limons épais
Où la divine Mer sommeille et rêve en paix,
Vers l'heure où l'Immortelle aux paupières dorées
Rougit le pâle azur de ses roses sacrées,
Je suis née, et mes soeurs, qui nagent aux flots bleus,
M'ont bercée en riant dans leurs bras onduleux,
Et, sur la perle humide entrelaçant leurs danses,
Instruit mes pieds de neige aux divines cadences.
Et j'étais déjà grande, et déjà la beauté
Baignait mon souple corps d'une molle clarté.
Longtemps heureuse au sein de l'onde maternelle,
Je coulais doucement ma jeunesse éternelle ;
Les Sourires vermeils sur mes lèvres flottaient,
Les Songes innocents de l'aile m'abritaient ;
Et les Dieux vagabonds de la mer infinie
De mon destin candide admiraient l'harmonie.
Ô jeune Klytios, ô pasteur inhumain,
Que Pan aux pieds de chèvre éleva de sa main,
Quand sous les bois touffus où l'abeille butine
Il enseigna Syrinx à ta lèvre enfantine,
Et, du flot cadencé de tes belles chansons,
Fit hésiter la Vierge au détour des buissons !
Ô Klytios ! sitôt qu'au golfe bleu d'Himère
Je te vis sur le sable où blanchit l'onde amère,
Sitôt qu'avec amour l'abîme murmurant



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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