Frontispice, Albert Mérat
Poèmes

Frontispice

par Albert Mérat

Je rêve un frontispice à mes vers. Le burin,
Fantasque, évoquerait sur le seuil d'un portique
La fatale beauté d'une Chimère antique.
Levant vers moi son front cruel et souverain.

Pour abuser mon cœur par un espoir serein,
La bouche sourirait sensuelle et plastique ;
Le corps rigide aurait la pose hiératique
Des grands sphinx qu'aux déserts endort un ciel d'airain.

Car j'ai bravé la croupe horrible des Chimères ;
Et, la lèvre collée aux mamelles amères,
J'ai senti jusqu'au cœur leurs ongles de lions ;

Et j'ai, blessé, trop fier pour compter mes blessures,
Maintenu sous la dent profonde des morsures
Mon cœur gonflé d'amour et de rébellions.

Extrait de: 
Les chimères (1866)



Poème publié et mis à jour le: 22 juillet 2017

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top