Fadaises, Paul Verlaine
Poèmes

Fadaises

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Daignez souffrir qu'à vos genoux,
Madame,
Mon pauvre cœur vous explique sa flamme.

Je vous adore autant et plus que
Dieu,
Et rien jamais n'éteindra ce beau feu.

Votre regard, profond et rempli d'ombre.
Me fait joyeux, s'il brille, et sinon, sombre.

Quand vous passez, je baise le chemin.
Et vous tenez mon cœur dans votre main.

Seule, en son nid, pleure la tourterelle.
Las, je suis seul et je pleure comme elle.

L'aube, au matin ressuscite les fleurs.
Et votre vue apaise les douleurs.

Disparaissez, toute floraison cesse.
Et, loin de vous, s'établit" la tristesse.

Apparaissez, la verdure et les fleurs

Aux prés, aux bois, diaprent leurs couleurs *.

Si vous voulez.
Madame et bien-aimée.
Si tu voulais, sous la verte ramée.

Nous en aller, bras dessus, bras dessous.
Dieu !
Quels baisers !
Et quels propos de fous!

Mais bon !
Toujours vous vous montrez revêche.
Et cependant je brûle et me dessèche.

Et le désir me talonne et me mord.
Car je vous aime, ô
Madame la
Mort !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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