Elle, Noire, Georges Sédir
Poèmes

Elle, Noire

par Georges Sédir

Elle est
Non.

Elle est contre, à côté, ailleurs.
Multiple, en éternel combat déchirée comme un ciel d'exil.
Bulle irisée, reflet sur l'onde.

Tout en elle est brillant, mouvant, électrique, sa voix, ses yeux et son allure (oiseau, serpent ?).
Même habillée elle apparaît plus nue que nue.

Femme-enfant ou femme-animal ou déesse ambiguë, semblable à ces idoles du
Tibet, tour à tour paisible et odieuse habile à construire et détruire exigeant rites et prières.

Elle veut.
Ne veut pas.
Invente.
S'oppose.
Erre en ses forêts sombres où nul ne l'accompagnera.
Ignore les lois et les liens le passé, la raison, les faits.

Son mystère est vivant, vibrant.

C'est, dit-on, le sel de la terre,

la malédiction fascinante.

Elle aura fait incendier
Troie

ruiné sa patrie égyptienne

tissé l'atroce des
Atrides

fait disparaître dans les flots la cité d'Ys.

Des hommes ont voulu mourir pour elle ou par elle.
Ils en restent marqués.
D'autres ont eu l'envie de l'étrangler.
Plusieurs le firent.
Elle revint.
Tout continue.

Crachant sur l'ordre et sur la norme

elle a semé délire et deuil

mais ouvert à certains des portes.

Elle a fait rêver de beauté.
Chassé des spectres.
Troublé, capté, séduit.
Inspiré des poètes.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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