Poèmes

Dolorès

par Jean-Michel Bollet

Elle a éloigné la mégère
Qui parlait mal de son amant
Et d’une parole légère
Consola cet ami charmant
Subjugué par sa rouge bouche
Ouverte sur de blanches dents
Et il songea : si je lui touche
Le tout d’un doigt droit je me couche
Atteint de sentiments ardents

Dolorès était étrangère
Typée autant que sa maman
Qui fut en Espagne lingère
Où la femme est un diamant
Et quand elle prenait sa douche
- A cause d’un antécédent -
Tranchait dans son cou brun la mouche
Mignonne assez pour qu’un œil louche
Sur cet étonnant résident.

Il ne l’a vue qu’à demi-nue
Dans une vague d’océan
Qui déferla sur l’ingénue
En lui caressant le séant ;
Il songea : « que ne suis-je une onde
Douce autant que l’est un galet
Plus lisse qu’une pierre ronde
Qui dans la source claire abonde
Pour être à l’aimée son valet.

Elle avait la grâce inconnue
- Que la mégère jalousait -
Venue peut-être de la nue
Où le ciel entier épousait
Une nuit une étoile orange
Un jour un radieux soleil
Pareil à ce visage d’ange
Qu’elle promène et qui se venge
D’un éveil en demi-sommeil.

Dolorès a l’âme impulsive
Et sait défendre son amant
En se montrant très agressive
Envers un propos infamant.
A son amour elle réserve
Assurance et fidélité
En lui confiant qu’elle observe
De près leur lien qui préserve
Des poussées de velléité.



Poème publié et mis à jour le: 12 fvrier 2018

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