Poèmes

Devant la hauteur du tombeau

par Jean-Michel Bollet

Devant la hauteur du tombeau
Se tient perplexe l’artiste
A qui on avait dit « ton beau
Travail est une œuvre élitiste »

Il vivra donc sa mort derrière
La pierre et la grille en fer
Après une courte carrière
Où son paradis fut enfer.

Jamais une pensée lui vint
Qu’il pût être un anonyme
Oublié par l’esprit divin
Au caractère magnanime.

Quelle est la tare ou la lacune
Qui le laissa sans allant
En alimentant sa rancune
A l’encontre du sans talent ?

Quelle est sa composition
Qui aura laissé de marbre
Les esprits dont l’ambition
Est d’enlacer le tronc de l’arbre ?

Ainsi se pratique l’échange
Se désole-t-il ; enfin,
Pourquoi voudrait-on que ça change
Quand le gros égale le fin ?

Beaucoup ressentent le chagrin
Du gain d’une queue de prune
Après avoir semé le grain
Sous la lune et en terre brune.

Les voici tous au cimetière
Et ne se réchauffent pas ;
Or, sur le feu, leur cafetière
A transpiré jusqu’au trépas.

Devant la hauteur du tombeau,
L’artiste éprouve un malaise
Et voyant perché un corbeau
Sur le toit, il file à l’anglaise.



Poème publié et mis à jour le: 08 fvrier 2018

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