Couleurs Pliées, Jean-Pierre Faye
Poèmes

Couleurs Pliées

par Jean-Pierre Faye

(extraits)

I

La voie de la ligne horizontale prend naissance ici évidemment dans le gris qui est un sans mélange car ici vide et plein s'y emmêlent

pourtant tirée vers la verticale la ligne aussi dès ici descend suivant le poids qui nombre et la range le signe qui la scelle et décèle

amincissant au pied la colonne amenuisant en bas ce qui tombe noircissant en vidant la couleur

foulant au fond ce qui claque et sonne sans modeler de hanche ou de lombes écartant du geste la chaleur

II

Le bousier noir est bouffé vivant un pan arraché par-dessus l'aile tout un côté vivant et mangé

de poux étoiles et de fourmis à gauche courbé sur le dedans

le noir gonflé strié étincelle

l'aile pliée couverte et rangée

l'élytre ronde sous le vernis

le sombre assemble et le rond se courbe

cerné en blanc l'ovale du noir

le creux fait bloc sa frontière est vide la bête fouille où elle s'embourbe

amassant tout au-dessus le soir

bougeant là l'antenne bifide

III

Dévalant le noir par le noir roulant le cailloutis devant soi abaissant même la dimension au foyer le plus noirci du rond

piétinant le point où l'on peut boire où l'on entre le chaud devient froid pour franchir le cercle d'incision écouter le creux au creux du tronc

emportant la faim avec le son couché sur la meule de brindille écoutant sécher le craquement

évidant la mie avec le son déballant la pieuvre qui fourmille de branche et de bête sèche au-dedans

IV

Cercles chauds des bûches alignées ronde au bord l'écorce brûle rouge le feu a frotté le vert bleui



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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