Poèmes

CORBEAU

par Martineau Philippe

Né du mur de ma chambre, un corbeau se tient coi,
sur la haute étagère, entre mes livres lus ;
et quoi que je demande, il oppose à ma voix
le silence éternel de ceux qui ne sont plus.

Et bien que l’heure avance il reste sans bouger,
à côté de l’horloge où le temps est moulu ;
et quoique toujours là il demeure étranger,
comme le dieu d’antan auquel on ne croit plus.

Mais quand je rêve assez pour quitter ce décor
et que je revois celle que j’avais élue
qui ôte son linceul et me désire encore,
le corbeau me réveille en disant : « Jamais plus. »

J’ouvre alors les volets et lui montre les cieux
où la brise l’attend et l’aube le salue,
mais il ne bouge pas et referme les yeux,
préférant à la vie le monde des reclus.

Extrait de: 
POEMES TRADUITS DU SILENCE (http://enmotdiese.free.fr/a_auteurs.htm#martineau_traduitsdusilence)

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