Chant des Cent Mille, Robert Desnos
Poèmes

Chant des Cent Mille

par Robert Desnos

au temps des
Tournesols au temps des
Rosalies
Pierre
Jacques et
Paul ont bu jusqu'à la lie chante le rossignol

Le rossignol est imbécile
De chanter à perdre l'haleine après une viennent cent mille sur la grand'route de la plaine

Mais à la cent mille et unième se terminera le cortège
Le vin est bu mais je vous aime
Il est trop tard voici la neige

au revoir cent mille et unième
Tu fus semblable à la première
Et l'on sait bien que ce qu'on sème
Fera le pain pour ceux derrière

Pour ceux derrière qui s'en viennent
Les cent mille au nom de vengeance chacun son jour chacun la sienne
Et sur qui venger vos souffrances

au temps des
Tournesols au temps des
Rosalics
Meure le rossignol
Et meurent de folie
Pierre
Jacques et
Paul

Il reviendra d'autres cent mille jouant encore à pile ou face
Dites-leur face et tombe pile
Et reprenez votre besace

Et reprenez votre chemise
Et reprenez votre folie
Fermez la porte des églises
Et pourtant elle était jolie

jolie et folle et désirable
Mais de ses lèvres sans sourire ne tombaient que mots

raisonnables comme des sous en tirelire

Trop riche enfant de solitude
Endormez-vous hors de vos songes
Cœur sec cœur mort sans inquiétude votre sagesse était mensonge

Pierre
Jacques et
Paul ont bu jusqu'à la lie
Le vin dur à plein bol au temps des
Rosalies au temps des
Tournesols



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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