Poèmes

Chant de Tempête du Voyageur

par Johann Wolfgang von Goethe

Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,
Ni la pluie ni la tempête
Ne souffleront la frayeur en ton cœur.
Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,
A la nuée d’averse,
A la bourrasque de grêle
Opposera sa chanson,
Comme l’alouette,
Ô toi, tout là-haut.
Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,
Tu le soulèveras au-dessus du sentier fangeux
Avec les ailes de feu.
Il passera
Comme, marchant sur des fleurs
Sur le déluge boueux de Deucalion
Et tuant Python, léger, grand,
Pythius Apollo.
Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,
Tu déplieras sous lui tes laines neigeuses
Quand il dormira sur la roche,
Tu le couvriras d’une laine protectrice
Dans la minuit du bois.
Celui que tu n’abandonnes pas, Génie,
Dans les tourbillons de neige,
Tu l’envelopperas de chaleur,
C’est vers la chaleur que vont les Muses,
Vers la chaleur que vont les Charites*.
Ô Muses, entourez-moi,
Ô Charites !
Voici l’eau, voici la terre,
Et voici le fils de l’eau et de la terre
Sur laquelle je vais
Pareil aux Dieux.
Vous êtes pures comme le cœur des eaux,
Vous êtes pures comme la moelle de la terre,
Vous volez autour de moi et je vole moi-même
Au-dessus de l’eau, au-dessus de la terre,
Pareil aux Dieux

* Charites : Nom grec des Grâces



Poème publié et mis à jour le: 24 juin 2019

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