Bonne Mort, René-François Sully Prudhomme
Poèmes

Bonne Mort

par René-François Sully Prudhomme

René-François Sully Prudhomme

Sonnet.

Le Phédon jette en l'âme un céleste reflet,
Mais rien n'est plus suave au cœur que l'Évangile.
Délicat embaumeur de la raison fragile,
Il sent la myrrhe, il coule aussi doux que le lait.

Dans ses pures leçons rien n'est prouvé ; tout plaît :
Le bon Samaritain qui prodigue son huile,
L'héroïsme indulgent pour la plèbe servile
L'âme offerte à l'épreuve et la joue au soufflet.

On dit que les mourants ont foi dans ce beau-livre :
Quand la raison fléchit, il apaise, il enivre,
Et l'agonie y trouve un généreux soutien.

Prêtre, tu mouilleras mon front qui te résiste ;
Trop faible pour douter, je m'en irai moins triste
Dans le néant peut-être, avec l'espoir chrétien.

Extrait de: 
Les épreuves (1866)



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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