Poèmes

Bibliothèques

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Meuble sublime ou ridicule, ou tous les deux.

Qui, mon goût consulté, serait plutôt modeste

Et de proportions, et de luxe, et du reste,

Salut,
Bibliothèque, antre auguste et hideux !

Mais les livres, ici, n'en point parler vaut mieux ;

Le logis, le local, indigent ou céleste,

Seul, nous veut occuper d'un œil profond ou leste,

Et déjà l'examen me convainc d'être vieux :

Car je hais la dorure et la fioriture

Sur l'acajou trop dense ou tels autres bois lourds :

Tout au plus des pattes en cuivre et des chefs d'ours ;

Ou bien du bois de rose aux coins, où se torture

Le rococo de
Boulie * et celui de
Boucher...

Ou des planches au long d'un mur, où tout nicher !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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