Attente de la Mort, Jules Supervielle
Poèmes

Attente de la Mort

par Jules Supervielle

Une paillote au
Paraguay
Où j'attendrais dans un hamac
Celle qui vient bien toute seule.

Un bœuf gris passerait la tête
Et ruminerait devant moi,
J'aurais tout le temps de le voir.

Un chien entrerait assoiffé,
Et courant à mon pot à eau
U y boirait, boirait, boirait.

Enfin il me regarderait

Et de sa langue rouge et claire

Des gouttes tomberaient à terre.

Des oiseaux couperaient le jour
De la porte dans leurs vols vifs.
Et pas un homme pas un homme!

Je serai moi-même évasif.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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