Poèmes

A mon Père

par Souleymane Yacouba Sidibé

A MON PÈRE
(1925-2006)
Tu as guidé mes premiers pas chancelants
Tendu, à l’affut du moindre trébuchement.
Par la magie de ton sourire étincelant
Tu as éclos mes précoces balbutiements.

Puisant ma force dans tes encouragements
Je repoussais les frontières de la peur.
Ma joie s’auréolait de ton soulagement
Quand des épreuves franchies je sortais vainqueur.

Puis l'arrivée de la tendre adolescence
Dévoila de l’école tant redoutée
Les joies et peines des années d'innocence
Qui demeurent en chacun pour l’éternité.

Au cours de cette période exaltante
Le père enfila le manteau de l’enseignant
Et avec une pédagogie éclatante
Tu m'ouvris les portes de mondes empoignants.

De toi m'est venu l'attrait des belles lettres.
Je fus vite familier de la grammaire
De ces fautes qu'il ne fallait pas commettre
Des mots pour enrichir mon vocabulaire.

Mon univers était peuplé de poètes classiques
D'écrivains humanistes et romantiques.
J’étais friand de poésie lyrique et satirique
Je dévorais les œuvres philosophiques.

Adulte, lorsque j'étais en proie au doute
Confronté à l'écho pesant du silence
Et au sentiment d'impuissance qu'on redoute
Tu demeuras le conseiller de référence.

Pendant cinquante sept magnifiques printemps
Sans jamais pâlir, tu incarnas à la fois
La bonne muse qui m’inspira tout le temps
L’étoile du berger qui éclaira ma voie.

Enseignant émérite tu as formé
Avec une conviction inégalée
De la nation tant de cadres diplômés
Et porté sans faiblir la croix des recalés.

Car tu étais du nombre restreint des magistri
Qui ne se pardonnaient pas l'échec des autres.
Dans le cercle de tes élèves, point de tri,
Pour tous, tu enfilas l'habit de l’apôtre.

Homme vertueux aux mille et un talents
Ta vie fut un grand livre où chaque page
Dévoile une facette de l'homme polyvalent
Qui n'hésitait pas à se mettre à l’ouvrage.

Père admirable, professeur d'école
Leader politique, animateur de jeunesse
Légion sont ceux à qui tu servis de boussole
Et qui crûrent dans l’ombre de ta sagesse.

Dans ton ascension vers l’immensité du ciel
Le chariot des adieux lourdement attelé
Traça dans le firmament un long carrousel
Fait d'honneur, de dignité et d'honnêteté.

Tous nous sommes enchaînés à notre Parque.
Comme toi, nous partirons à la date échue.
Ton œuvre, elle, porte l'empreinte de ta marque.
Belle comme l'hommage que la Nation t'a rendu.

Souleymane Sidibé

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