À Madame la Duchesse D'alençon: Laquelle Il Supplie d'être Couché en Son État, Clément Marot
Poèmes

À Madame la Duchesse D'alençon: Laquelle Il Supplie d'être Couché en Son État

par Clément Marot

Princesse au cœur noble et rassis,
La fortune que j'ai suivie
Par force m'a souvent assis
Au froid giron de triste vie :
De m'y seoir encor me convie,
Mais je réponds (comme fâché) : «
D'être assis je n'ai plus d'envie.
Il n'est que d'être bien couché. »

Je ne suis point des excessifs
Importuns, car j'ai la pépie :

Dont suis au vent comme un châssis,

Et debout ainsi qu'une espie.

Mais s'une fois en la copie

De votre état je suis marché ,
Je crierai plus haut qu'une pie :

«
Il n'est que d'être bien couché. »

L'un soutient contre cinq ou six
Qu'être accoudé, c'est musardie.
L'autre, qu'il n'est que d'être assis
Pour bien tenir chère hardie.
L'autre dit que c'est mélodie
D'un homme debout bien fiché :
Mais quelque chose que l'on die,
Il n'est que d'être bien couché.

ENVOI

Princesse de vertu remplie,
Dire puis (comme j'ai touché)
Si promesse m'est accomplie : «
Il n'est que d'être bien couché. »



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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