A Irénée Decroix, Paul Verlaine
Poèmes

A Irénée Decroix

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Où sont les nuits de grands chemins aux chants bacchiques
Dans les
Nords noirs et dans les verts
Pas-de-Calais,

Et les canaux périculeux vers les
Belgiques
Où, gris, on chavirait en hurlant des couplets ?

Car on riait dans ces temps-là. —
Tuiles et briques
Poudroyaient par la plaine en hameaux assez laids ;
Les fourbouyères , leurs pipes et leurs bourriques
Dévalaient sur
Arras, la ville aux toits follets

Poignardant, espagnols, ces ciels épais de
Flandre ;
Douai brandissait de son côté, pour s'en défendre,
Son lourd beffroi carré, si léger cependant ;

Lille et sa bière et ses moulins à vent sans nombre
Bruissaient. —
Oui, qui nous rendra, cher ami, l'ombre
Des bonnes nuits, et les beaux jours au rire ardent ?



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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