A Edouard Rod, Paul Verlaine
Poèmes

A Edouard Rod

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Comme on baise une femme sur les cheveux.
Sur les yeux, le cou, les seins, et tout partout,
A rebrousse-poil, bien entendu ! je veux
Caresser ce
Suisse et ce sot, bout à bout.
C'est un écrivain comme l'on l'est en
Suisse,
C'est un professeur ainsi qu'on est un pion.
Il est très élégant, telle une saucisse,
Il est obstiné, pareil à tel... scorpion.
Il est un monsieur qu'autre part on admire.
Il est psychologue : aussi
Georges
Ohnet.

Et tant de sottise est sienne qui s'expire.
Que l'on se souvient mal de ce que l'on en connaît !

Ce
Rod, qui n'est pas le fils du vieil
Hérode,
Pourquoi donc ? je n'en sais absolument rien,
M'a traité, lui, débutant dès son exode,
De bon écrivain, mais d'horrible vaurien...

Or je reconnais peu le droit à ce cuistre
D'apprécier ainsi mon pire et mon mieux,
Et qu'il se taise, car un destin sinistre
Est dû pour son style sentant le vieux.

Et zut à la fin (et mieux) pour ses morales
Qui ne sont qu'un tas blafard d'hypocrisies !
En toute liberté, même aux immorales.
Liberté, libertas aux poésies !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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