Remords

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par Georges Emmanuel Clancier

Le monde, ville sans fin qui porte la nuit,
Et par ses rues je vais, à peine soulevé,
Supplié par quelque vieux remords de la terre.
Quelle foule vient, et me presse ?
Foule aveugle
Qui me cherche de ses mains et laisse la suivre
Une rumeur de bête haletante et soumise.

Le rêve de ce peuple tournoie sous mon cœur,
Le saisit enfin, le perce d'un sang absurde —
Mon sang !
J'éprouve la prison de ta saveur —
Outre ciel, mais divine, une lutte est béante,
C'est elle qui chasse autour de moi ces émigrés,
Je vois comme un visage leur torpeur géante
Se dresser plus attentive que leur destin.

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