Le Chêne du Parc Détruit (Iv), Victor Hugo
Poèmes

Le Chêne du Parc Détruit (Iv)

par Victor Hugo

Toujours, même en un désastre,
Les yeux étaient éblouis,
Le grand Louis, c'était l'astre ;
Dieu, c'était le grand Louis.

Bossuet était fort pleutre,
Racine inclinait son vers ;
Corneille seul, sous son feutre,
Regardait Dieu de travers.

Votre race est ainsi faite ;
Et le monde est à son gré
Pourvu qu'elle ait sur sa tête
Un olympe en bois doré.

La Fontaine offrait ses fables ;
Et, soudain, autour de lui,
Les courtisans, presque affables,
Les ducs au sinistre ennui,

Les Bâvilles, les Fréneuses,
Les Tavannes teints de sang,
Les altesses vénéneuses,
L'affreux chandelier glissant,

Les Louvois nés pour proscrire,
Les vils Chamillards rampants,
Gais, tournaient leur noir sourire
Vers ce charmeur de serpents.

Extrait de: 
Les chansons des rues et des bois (1865)



Poème publié et mis à jour le: 16 novembre 2012

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