La Soif

par Driss Mesnaoui

J'étais debout

avant que la nuit ne plie ses couvertures

et que les oiseaux ne peignent leurs plumes

avec la couleur du matin

J'ai regardé ma mère au fond des yeux

et cela a suffi à me rafraîchir le visage

J'ai revêtu le bleu du ciel

jeté le soleil sur mes épaules

et semé mes pas dans le sillon des rêves

La route s'est avérée plus longue

que l'exil que je m'imaginais

Dans le temps qui m'était fixé

j'ai parcouru la distance de deux générations

et enduré les feux qui torturaient mon âme

Les vagues de la mer lavaient mes pieds de leur fatigue

et m'arrosaient de temps à autre

de souvenirs où je m'oubliais

Lorsque j'ai senti que la soif

ouvrait une porte dans ma poitrine

j'ai lancé mes mains entre deux vagues ricanantes

L'eau n'a fait de moi qu'une gorgée

La soif de l'eau était plus forte que la mienne !

| |

<< premier  < prec.  [    ]  suiv. >  dernier >>